Projet de renforcement des capacités des Chefs traditionnels en matière de gouvernance locale au Cameroun

Formation des chefs traditionnels

Au Cameroun, les autorités traditionnelles sont les gardiens des lois et des pratiques coutumières. Pour la majeure partie de la population, elles constituent une interface essentielle entre la communauté et l’Etat et leur importance sociale est reconnue dans le droit étatique qui habilite ces dernières à prendre des décisions sur des questions relatives à la gestion des ressources naturelles, à la vie familiale en milieu rural et surtout au domaine foncier et successoral.

      En effet, la question foncière est une préoccupation capitale pour l’État du Cameroun, toutefois, la législation en la matière semble ne pas faire l’unanimité d’où la propension exponentielle des litiges fonciers dans nos différentes juridictions. Si sur le terrain, le contentieux foncier constitue le taux le plus élevé des litiges dans les juridictions (environ 80%), cela contraste avec le faible niveau d’appropriation des questions juridiques par le citoyen en cette matière. Ainsi, l’ignorance de l’arsenal juridique dans le domaine foncier semble être la principale cause de cet épineux problème qui a contribué non seulement à l’augmentation du taux de litige foncier devant les instances juridictionnelles mais aussi la recrudescence des tensions au niveau communautaire, le surpeuplement des centres de détention et l’appauvrissement des camerounais.

      La résolution de la problématique de l’ignorance des lois foncières devient de plus en plus urgente aux vues de ses graves conséquences tant sur le plan étatique que sur le plan individuel. L’Etat en souffre et les populations encore plus ! Au-delà de la problématique foncière, les chefs traditionnels devraient aussi connaître les lois qui régissent les successions et libéralités au Cameroun. Le problème des successions fait couler beaucoup d’encre et de salive et même de sang dans les familles et au sein des chefferies traditionnelles. Ces gardiens de la tradition doivent donc être outillés sur ce domaine aux fins de pouvoir résoudre les problèmes posés à eux par leur population.

      Le projet de formation mis sur pied par la SOCIPRODD est censé rappeler aux chefs traditionnels non seulement les responsabilités qui leur incombent en vertu de la loi et de l’autorité morale qu’ils exercent sur leur population, mais aussi de manière globale, aider les institutions locales à prévenir les conflits communautaires au Cameroun.Apieyie Job

      Ce projet vise à combler ce sérieux manque de connaissances dans un domaine assez complexe par le biais d’une initiative axée sur le renforcement des capacités afin de permettre à ces gardiens de la tradition et auxiliaires d’administration d’exercer efficacement leur rôle, en prenant les décisions éclairées pour leurs populations, avec effet de désamorcer des situations qui encombrent inutilement nos prétoires. 

Laisser un commentaire