Campagne de plaidoyer auprès des chefs traditionnels pour faciliter l’accès de la femme à la propriété foncière

chefs traditionnels

L’accès de la femme à la propriété foncière reste un réel problème au Cameroun et plus précisément dans les zones rurales. L’une des raisons qui rend difficile cet accès est la prédominance des us et coutumes qui, dans certaines ethnies, écartent la femme du partage des terres. Il faut préciser que la terre représente le patrimoine culturel dans bons nombres de tribus et est source de richesse. C’est d’ailleurs l’unique source de richesse pour bon nombre de personnes en milieu rural.

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Au Cameroun, la femme n’est pas effectivement prise en compte lors de la distribution du patrimoine familiale (la terre) dans les familles. Seules 5% de femmes sont comptés dans le partage de l’héritage familial (la terre). Les raisons avancées sont que la place de la femme est dans son foyer. La femme est appélée à se marier et à quitter la concession familiale par contre l’homme, même marié, va demeurer la concession familiale. Les patriarches dans certains villages des grassfields (Ouest Cameroun) rapportent que si l’on donne la terre à la femme dans la concession familiale, ca pourra l’empêcher d’aller en mariage. La femme est appéler à quitter sa famille nucléaire pour aller vivre chez un homme et c’est là-bas qu’elle aura droit aux biens de son mari ajoutent-ils. Ils affirement encore plus loin que les enfants nés de la femme ne sauraient reclamer un quelconque bien dans la famille nucléaire de la femme. Leurs biens sont dans la famille de leur père! A ce niveau donc, ils ne trouvent pas utile de donner une terre à la femme!

Cette discrimination faite à l’égard des femmes est l’une des sources des violences faites aux femmes!

Quel est le sort reservé à la femme qui ne peut posséder une portion de terre dans l’héritage familial de son père ou de sa mère?

Certaines femmes maltraitées dans leur foyer conjugal préfèrent supporter les sévices de leur mari que de rentrer dans leur famille nucléaire. Elles affirment qu’elles ne possèdent rien là-bas pour prétendre rentrer. Elles mourraient surement de faim en rentrant à la maison familiale et ce serait encore plus pire si l’homme demande qu’elle parte avec ses enfants puisqu’elle n’aura pas où cultiver pour nourrir sa propre famille. Beaucoup de femmes en zone rural préfèrent donc supporter les sévices au pris de leur vie à cause de cette histoire de terre. Cette discrimination est une conception culturelle et traditionnelle raison pour laquelle les femmes de ces tribus les accepte ainsi!Femmes et foncier

La SOCIPRODD mène auprès des chefs traditionnels des campagnes de plaidoyers afin qu’ils suppriment ces traditions qui discriminent la femme dans l’accès à la propriétaire foncière et qui est cause de nombreux problèmes rencontrés par la femme. Il faut noter que la femme porte 80% de l’agriculture et est la première productrice des produits vivriers. Les discriminations faites aux femmes dans la distribution des terres ont un impact sur le développement de l’agriculture et même sur le développement économique.

Ce projet a débuté dans la région de l’Ouest Cameroun, département du Bamboutos, arrondissement de Galim, groupement Bamendjing. 

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